Guère répandue en France, la tontine compense le blocage de l’épargne sur une longue durée par un rendement intéressant…
Peu connue du grand public en dépit de son âge vénérable, elle a été inventée en 1653 par le banquier napolitain Tonti, la tontine mérite que l’on s’attarde sur sa mécanique.
Association d’épargnants qui se regroupent pour investir, elle constitue un système d’épargne à part entière et peut donc servir à arrondir les fins de mois d’un retraité.
Des rendements enviables
Sur le plan réglementaire, la tontine se classe dans la catégorie de l’assurance-vie, même si elle n’a rien à voir avec les contrats d’assurance-vie classiques. Ses rendements sont d’ailleurs reconnus comme étant plus avantageux.
En France, c’est le groupe mutualiste Le Conservateur qui détient l’écrasante majorité du marché des tontines, qu’il propose depuis 1844.
Pour chaque tontine mise en route, Le Conservateur compte jusqu’à 8000 sociétaires. Il en regroupe 160 000 au total.
Si la durée de vie d’une tontine du Conservateur est de 25 ans, l’épargnant peut s’engager sur une durée plus courte, allant de 11 à 25 ans. Il peut également choisir le montant et le rythme de ses versements.
Plus intéressant avec l’âge
A noter que plus vous êtes âgé et plus le rendement est élevé. C’est pourquoi il est généralement conseillé de ne pas souscrire trop jeune à une tontine. Il n’y a pas non plus de possibilité de rachat, ce qui veut dire que si vous avez souscrit à un contrat de 25 ans, votre argent sera bloqué pendant 25 ans.
Par ailleurs, même si la part réservée aux actions diminue au fur et à mesure qu’approche l’échéance du contrat, le risque n’est pas complètement nul puisque la tontine est investie au début sur des fonds en actions.
Là où la tontine devient intéressante, c’est quand on commence à aborder la question de sa performance. Le taux de rendement moyen rapporté à l’année pour une tontine en prime périodique, souscrite pendant 20 ans et par une personne de 45 ans (cas le plus fréquent), se situe autour de 5,50%, ce qui va au-delà de ce qu’offrent a priori les livrets d’épargne classiques.
Comme souvent, l’avantage est aussi fiscal puisque la tontine est exonérée d’ISF sur la durée du placement, et que s’y applique la fiscalité de l’assurance-vie. A cela s’ajoute l’exonération totale ou partielle des droits de succession.
Un placement bloqué
Et qu’en est-il des inconvénients ? Le principal réside dans le blocage total des fonds sur toute la durée de l’adhésion. Il faut savoir aussi qu’il existe, sur les contrats à primes périodiques, une pénalité en cas de cessation, avant la deuxième année, du paiement des cotisations prévues, un cas exceptionnel selon Le Conservateur. Comme ce défaut de versement pénalise les autres tontiniers, le sociétaire ne retrouvera pas sa cotisation versée avant deux ans, et il y a rupture du contrat. Si la cessation intervient après deux ans, les cotisations des deux premières années sont perdues mais les autres restent valorisées normalement.
Enfin, le tontinier ne pilote pas directement la gestion de ses actifs et l’information sur son rendement annuel n’est pas obligatoire, comme c’est le cas par exemple des relevés de situation des contrats d’assurance-vie.
Une communication est néanmoins réalisée chaque année pour indiquer au sociétaire la performance obtenue (sur la période) par un autre sociétaire ayant souscrit dans les mêmes conditions que lui (âge, durée). Le rendement est donné à titre indicatif en fonction de celui réalisé par la tontine déjà répartie. Autant dire que le tontinier a intérêt à faire confiance à son mandataire !






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